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1- Haute Gaspésie, lancement de la nouvelle campagne de la Fondation Santé pour 2010-2011
2- Pénurie d'orthophonistes, le privé n'est pas la solution répond la ministre
3- Soins dans les hôpitaux, l'urgence d'agir fait l'unanimité
1- Publié le 15 mars 2010 à 12:30
La présidente d'honneur, Armélie Collin, avec des membres du conseil d'administration et quelques précieux contributeurs
La Fondation santé de La Haute-Gaspésie a dévoilé la semaine dernière les 2 objectifs de sa nouvelle campagne de financement pour 2010-2011. Le but de la nouvelle campagne est d’offrir un milieu de vie aux résidants du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Cap-Chat, qui tient en compte santé, confort, sécurité et bien-être, tout en recréant un environnement le plus familial possible. Ce projet de 80 000$ comprend différents volets tels que l’ajout de mobilier, d’éléments de décoration et d’équipements spécialisés.
Le deuxième objectif est la création d’un environnement, au Centre de santé et de services sociaux de La Haute-Gaspésie (CSSSHG), qui sera axé sur l’acquisition continue du savoir. Un local sera équipé de matériel spécialisé tel qu’un mannequin informatisé et du matériel de pratique qui permettront de pratiquer des techniques de soin et de réanimation, d’auscultation cœur-poumons, de simulation d’accouchement interactif, de ponction artérielle et d’injection.
Les objectifs de cet environnement sont de transférer les connaissances des experts aux débutants, influencer le recrutement, maintenir des effectifs à long terme, pratiquer pour maintenir la qualité des soins et services, et permettre au personnel médical de pouvoir pratiquer. Plusieurs activités-bénéfices seront organisées dans le cadre de cette nouvelle campagne de financement.
Campagne de financement 2009-2010
Les membres de la FSHG ont aussi profité de l’occasion pour faire le point sur la campagne de financement 2009-2010, dont l’objectif était d’amasser 160 000$ pour l’achat de 47 lits électriques et 3 lits électriques bariatriques pour personne obèse, destinés aux résidents du CHSLD de Cap-Chat. La Fondation remercie publiquement, les nombreux donateurs et bénévoles qui ont permis l’atteinte des ces objectifs.
Les dons remis à la FSHG servent à l’achat de matériel spécialisé, à la réalisation des projets non subventionnés, à améliorer et développer des services existants, à mettre en place de nouveaux services, à appuyer les jeunes du territoire qui se dirigent vers des professions médicales et à promouvoir la prévention, le dépistage et le traitement des maladies cardio-respiratoires. Les fonds amassés sont versés aux différents points de services du Centre de santé et de services sociaux de La Haute-Gaspésie.
Le Riverain
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2- Pénurie d'orthophonistes, le privé n'est pas la solution répond la ministre
Même si la pénurie d’orthophonistes frappe partout au Québec, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, ne veut pas ouvrir la porte au privé.
Un groupe de parents de Gaspé déplore que la Commission scolaire des Chic-Chocs cesse de payer les consultations faites dans le secteur privé, même si elle ne peut offrir les services d’un orthophoniste de façon régulière dans ses écoles.
Un poste d’orthophoniste affiché depuis plusieurs mois n’est toujours pas comblé en raison justement de cette pénurie. Les parents de l’école primaire St-Rosaire de Gaspé ont appris récemment, dans une lettre, que la commission scolaire cesserait de payer pour les suivis et rembourserait uniquement l’évaluation faite par un orthophoniste dans le secteur privé.
Dans cette lettre, pour expliquer les évaluations qui ont été remboursées jusqu’à tout récemment, la direction de la commission scolaire parle d’une erreur administrative.
La ministre, Michelle Courchesne, explique qu’aucune école du Québec ne peut offrir des services privés de professionnels en psychoéducation : « Les consultations privées, ce n’est pas le rôle des commissions scolaire et de l’État. Par contre, l’obligation c’est que l’enfant soit évalué, ça c’est une obligation de la commission scolaire. Il faut que cette évaluation-là soit faite pour qu’on soit en mesure, ensuite, de définir le type d’interventions que l’école doit déployer. »
Martin Toulgoat
CHAU-TVA
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3- Estimant que la pénurie d'infirmières est le principal problème minant le système de santé québécois, les médecins spécialistes et les omnipraticiens ont décidé d'appuyer les revendications syndicales des infirmières.
« Nous, on les appuie, les infirmières, et on va les appuyer jusqu'au bout. Elles choisiront leurs moyens de se faire entendre et nous les appuierons », a déclaré le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette.
Si le réseau manque d'infirmières, c'est parce qu'elles sont débordées, qu'elles doivent faire des heures supplémentaires obligatoires et que leurs conditions de travail ne sont pas suffisamment intéressantes, conviennent la FMSQ et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Lors d'un point de presse conjoint, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a qualifié d'« historique » l'appui que lui ont accordé le deux syndicats de médecins.
Quelques revendications des infirmières
- Davantage de postes à temps plein (40 % des infirmières ont des postes à temps partiel ou sur appel) et des postes à temps complet de quatre jours
- De meilleures primes pour le travail de soir, de nuit et de fin de semaine
- Des augmentations de 3,75 % par année pendant trois ans, à l'instar du reste du secteur public.
Les trois représentants syndicaux ont réclamé des investissements et des gestes pour s'attaquer au problème de la pénurie d'infirmières.
On estime qu'il manque au moins 2500 infirmières dans le réseau de la santé à l'heure actuelle. Ce manque de personnel a un impact aux blocs opératoires, aux soins intensifs et à l'urgence, a souligné le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette.
Si on payait les infirmières senior aux soins intensifs à la hauteur des monteurs de ligne, on en manquerait des infirmières, vous pensez aux soins intensifs? Pas mal moins! Le monteur de ligne à Hydro-Québec, il monte des lignes électriques; l'infirmière aux soins intensifs s'occupe des lignes de vie!
— Dr Gaétan Barrette
Mme Laurent a souligné que 15 000 infirmières seront admissibles à la retraite d'ici trois ans, ce qui ne risque que d'aggraver la pénurie.
La situation actuelle ne peut donc que perdurer, estime-t-elle, alors que près de la moitié des infirmières détiennent des postes à temps partiel et que les conditions et la surcharge de travail, ainsi que les heures supplémentaires obligatoires, font fuir les professionnelles vers le privé.
Le Dr Barrette a de son côté rappelé que le ministère de la Santé et des Services sociaux vient d'annoncer 80 millions de dollars pour assurer la gratuité de la fécondation in vitro, ajoutant que le réseau avait pourtant des besoins plus criants.
Quand c'est politiquement rentable on trouve l'argent. Quand ce n'est pas politiquement rentable, on laisse sécher les gens. Et, au bout de la ligne, on laisse sécher les patients.
— Dr Gaétan Barrette
Des postes et des superinfirmières
Les solutions sont connues, et il ne reste qu'à les appliquer, ont martelé les trois représentants syndicaux.
Dans un premier temps, Mme Laurent demande la création de postes à temps complet et la fin du recours au personnel d'entreprises privées.
Dans un deuxième temps, la reconnaissance des infirmières-praticiennes spécialisées, qui pourraient changer certaines prescriptions ou poser certains actes médicaux, est nécessaire, en mettant en application la loi 90 qui encadre leurs activités, adoptée en 2003.
La mise en place d'équipes multidisciplinaires comprenant ces « superinfirmières » est appuyée par le Dr Barrette et par le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin.
Le Dr Godin souhaite pour sa part des investissements dans les soins de première ligne à l'extérieur de l'hôpital, comme la médecine familiale et les cliniques, ainsi que dans les soins à domicile et les soins de longue durée. Il rappelle qu'une première ligne de soins forte permettrait de désengorger les urgences des hôpitaux.
Selon le Dr Gaétan Barrette, le gouvernement a les moyens nécessaires pour agir, mais refuse de le faire et d'investir davantage. « Le problème qu'on a aujourd'hui, il est politique. Il est celui de décider et de faire face à la situation qui nous préoccupe aujourd'hui, qui est celle des infirmières », a-t-il affirmé.
Un problème qui relève des hôpitaux, dit Bolduc
Interrogé sur la sortie des trois syndicats, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a admis que les conditions de travail des infirmières sont difficiles, mais a imputé aux hôpitaux la responsabilité d'alléger leur tâche.
Le ministre a cité en exemple l'Institut de cardiologie, qui a, a-t-il fait valoir, réussi à revoir l'organisation du travail de façon à minimiser le temps supplémentaire, éliminer presque complètement le temps obligatoire et éliminer le recours à la main d'oeuvre indépendante.
« Localement, il y a des choses qui peuvent se faire, a-t-il dit, mais ça doit être discuté entre l'établissement et les partenaires syndicaux. »
Une gestion déficiente
Lors d'un point de presse distinct, l'avocat Jean-Pierre Ménard, spécialisé dans les causes médicales, a critiqué la détérioration croissante de l'accès aux soins dans les urgences.
« La situation en 2010 est pire qu'elle ne l'a jamais été », a-t-il soutenu.
On a atteint un point où actuellement, le système de santé n'est plus en mesure de garantir à l'ensemble des citoyens du Québec que les gens obtiendront des soins d'urgence en temps utile.
— Me Jean-Pierre Ménard
Il a rappelé que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSQ) a mis sur pied, en septembre 2000, un système de triage pour déterminer la priorité des cas. En principe, la gravité de leur cas doit être réévaluée par l'infirmière responsable du triage lorsque ceux-ci n'ont pas été examinés par un médecin dans les délais prévus.
Or, depuis plusieurs années, déplore Me Ménard, « la réévaluation des patients ne se fait tout simplement pas ».
Les droits des citoyens à des services d'urgence sont compromis et les conséquences sont prévisibles : plus de complications, plus de décès.
— Me Jean-Pierre Ménard
Accompagné de quatre de ses clients qui ont perdu des proches dans des couloirs de l'urgence, il a affirmé que les décès qui ont fait la manchette récemment sont loin d'être des cas isolés. Lui-même dit représenter six autres familles.
Selon lui, la désorganisation entourant l'accès aux soins d'urgence est telle qu'elle met en péril le droit des patients à être traités à temps en plus, conséquemment, d'accroître le nombre de poursuites contre le système de santé.
L'avocat a déploré les « délais interminables d'attente » et le « désengagement » du ministère dans ce dossier, estimant qu'il se contente d'« éteindre les feux ». Il a dénoncé l'inaction du MSSQ, rappelant que lui-même avait fait une sortie publique en septembre 2007 pour mettre en lumière l'absence de réévaluation des cas.
Il somme le gouvernement de faire respecter le Guide de gestion des urgences, révisé en 2008 et dont les normes prévoient des règles strictes de gestion de tous les patients.
« Il faut que le ministère impose de façon coercitive à l'ensemble des hôpitaux de la province l'obligation de suivre les règles élaborée pour la gestion des urgences, contrôle l'application de ces normes, surveille, inspecte et intervient quand les normes ne sont pas respectées », a suggéré l'avocat.
Radio-Canada
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